La mort, un apaisement ?

Comment concevoir l’arrêt de la vie du corps humain et savoir dédramatiser ce fait inévitable, indiscutable et par lequel nous devons tous passer ?

Comment on peut éviter de penser à ça, surtout lorsque l’on arrive à des moments de grandes difficultés trop dures à supporter, où le sens de la vie n’a plus beaucoup d’intérêt, plus beaucoup d’importance, où la maladie qui nous fauche nous apporte beaucoup de peine, de peur, de faiblesse, où le sens de la vieillesse nous amène inexorablement vers le point sans retour et obligatoire à passer de la vie animée à celle de l’esprit seul ?  Nous allons parler de tout cela pour aborder le sujet de la mort et de sa dédramatisation.

La naissance est un moment de souffrance et de douleurs si difficile et, pourquoi le moment de la mort est un moment d’apaisement et joie si intense ?

Pendant la grossesse, le moment de l’incorporation de l’esprit dans la matière, dans le corps humain -c’est-à-dire vers le 4ème mois,- est un moment de souffrance et de douleur insoutenable, et le moment de la naissance, le moment où notre âme pénètre dans notre sang et notre corps, est un moment de souffrance et de douleur pires que tout. Cette souffrance vient dans l’esprit, est dans l’esprit. Lorsque le bébé reçoit la première inspiration de l’air qui va lui permettre d’intégrer son âme en même temps et de se préparer à entrer dans la vie terrestre, là il a une douleur physique très importante, car il fait passer un composant totalement positif c’est-à-dire l’âme, dans un composant qui est constitué de 90% de négatif, ce qui représente donc une opposition. Cet enfant qui vient de naître s’associe à cette matière par la douleur qui la caractérise.

Nous allons réfléchir pourquoi, et ensuite au moment de la mort, lorsque l’âme et l’esprit sortent à nouveau du corps humain, c’est un allègement et un très grand apaisement, de quitter la matière, de quitter par l’âme ce qui n’est pas fait d’amour et par l’esprit ce qui est fait de ressentis et de sensations. Quitter, abandonner la souffrance qui est engendrée par la matière physique est un grand soulagement.

Q.  Pour ma part, je n’ai pas peur de la mort, mais ce dont j’ai peur, c’est la souffrance, c’est le vieillissement du corps qui entraîne la mort, c’est-à-dire de devenir, comment dire, impotent et dépendant des autres, et c’est pour ça peut-être qu’on n’aime pas beaucoup parler de ça !

R.  Oui, le cheminement et le processus de l’évolution par le vieillissement pour arriver à la mort a été défini ainsi par cette nature tout simplement parce que mourir alors que nous sommes dans la pleine force de l’âge et que nous avons beaucoup de joies à vivre, aurait été beaucoup plus difficile. Donc par la maladie qui fait peur, par le vieillissement qui atterre et par la perte des expressions énergétiques, électriques, vivantes en quelque sorte, par la perte de toutes ces facultés le retour vers la mort, le cheminement vers le passage de la mort est beaucoup mieux accepté. Je peux vous dire que nous avons une première règle à respecter, c’est ne pas penser inconsidérément à la mort, ne pas nous traumatiser avant que cela soit évident, ne pas en faire une idée fixe et dramatique, par la peur de la vieillesse ou de la maladie.

 « Non, moi je n’ai pas peur de devoir partir, c’est simplement la seule crainte que j’ai c’est, que je ne voudrais pas être une charge donnée à mes enfants ».

« Pour moi je n’ai pas peur de la mort puisque j’ai connu le tunnel, mais si je devais avoir peur de quelque chose, je pense que ce serait de ne pas avoir fait ce qu’il fallait ».

« Donc moi la peur de la mort c’est mourir étouffée, quoi, c’est ce dernier souffle qui me fait peur. »

« Moi ce qui m’inquiète le plus c’est la souffrance physique, et le fait de ne pas avoir fini d’accomplir durant ma vie des choses à amener à mes proches. »

« Pour moi, la mort étant inéluctable, étant obligée de passer par cet état, je ne peux pas dire que l’idée de la mort me fasse sauter de joie. »

« Moi, je crois que ce n’est pas tellement la peur de la mort, mais plutôt la crainte d’une souffrance, d’une souffrance inconnue et que j’aurais de la peine à maîtriser. »

« Eh bien, je n’ai pas conscience d’avoir des peurs, si j’en ai, ce n’est pas encore arrivé au conscient. »

« Pour moi, la mort c’est surtout définir la souffrance physique dans le corps, une mort lente surtout, et de ne pas pouvoir exécuter ma mission sur terre. »

« Moi, je n’ai pas peur de la mort, en tout cas d’avoir conscience, j’en ai vraiment pas peur. 

Ce que je voudrais simplement avant d’arriver à la mort, c’est de réaliser tout ce que je devais faire sur cette TERRE. »

« Je vois la mort ressemblant au sommeil, à la différence qu’on oublie de respirer, je vois la mort comme ça. »

« Moi, je crois pouvoir dire que je n’ai pas peur de la mort, probablement peur de l’inachevé, mais j’aime aussi beaucoup cette vie, et j’ai bien envie de rester là jusqu’au bout. »

« Mon appréhension par rapport à la mort est la même que celle avant mon opération à cœur ouvert, c’est-à-dire de devoir souffrir beaucoup et longtemps avant de mourir. »

« Je voudrais être sûr que la mort me mette à l’abri de toute souffrance physique et morale. »

« La première idée qui m’est venue, c’est la peur de la solitude. »

Oui alors vous avez tous dit, pour la plupart d’entre vous, que ce qui vous désolerait c’est de mourir avant d’avoir accompli ce que vous avez à accomplir. Alors ça dénote une peur de mourir quand même, il y a une peur qui est latente en vous et qui s’active par rapport à ça. Car rien ne nous permet de dire que nous avons tout fait et c’est impossible d’arriver à cette sérénité totale -très peu d’êtres humains ont une sérénité totale en pensant à la mort-

Pour vous la notion de la mort enclenche en vous la peur de ne pas avoir évolués assez. Donc il est important pour chacun d’entre vous que vous sachiez ne plus penser avec peur ou crainte au problème de la mort et quand vous pensez à elle si vous vous dites: «il faut que je fasse le maximum avant de repartir, avant de mourir», alors faites, accomplissez, ne freinez pas des deux fers, ne soyez pas énervés, ne soyez pas durs, ne soyez pas déstabilisés, faites ce que vous avez à faire, pourvu que vous fassiez quelque chose et que vous soyez satisfaits de ce que vous faites.

Le problème en fait c’est que vous devez faire toujours ce qu’il y a de mieux, vous devez savoir ce qu’il y a de mieux, vous ne devez pas vous emporter après quelque chose ou quelqu’un, car après vous le regrettez, et là vous vous dites: «je n’ai pas fait ce qu’il fallait». Vous ne devez pas faire autre chose que ce qui est bien, car après lorsque vous vous rendez compte que vous n’avez pas fait ce qu’il fallait, vous vous emportez, après vous-même et vous vous dites: «Mon dieu, j’ai été nul, je n’ai pas fait ce qu’il fallait». Il faut que vous parveniez et sachiez faire ce qu’il faut au bon moment. Car être convaincu d’avoir fait ce qu’il faut est ce qui vous permettra de vous sentir en paix à l’heure de votre mort et de dédramatiser la mort en attendant ce moment crucial, que vous vous devez de voir sans peur, ni crainte, c’est comme si une préparation de passage se faisait en vous et vous apportait un apaisement. Je redoute quand même que nous ne soyons pas capables de nous voir faire, ou de corriger les autres à bon escient et correctement, lorsqu’ils ont mal fait avec nous, ou d’accepter d’être corrigés par les autres, car il faut regarder aussi cette troisième facette, accepter d’entendre ce que l’autre a dit pour faire mieux, pour ne pas glisser vers une culpabilité ou une mortification, mais aller vers une évolution parfaite et remettre en ordre les bonnes choses. Si nous croyons à un Créateur et si nous sommes logique, nous ne pouvons que penser que la mort est un moment spécial qu’il faut comprendre et accepter, nous ne pouvons pas penser en tous les cas que le Créateur nous laisserait souffrir anormalement, par la mort du corps, elle est un détachement qui nous est imposé, plus qu’une souffrance, une fatalité, ou une punition. Nous ne devons pas penser non plus que la nature ne nous permettrait une transformation à travers la mort du corps. Il faut donc nous remettre en question à ce niveau, et impérativement faire cela ainsi, il faut que nous arrivions à cela, car dans le tour de table que je viens d’entendre, vous avez tous peur de mourir sans avoir réalisé les bonnes choses, ça veut dire tout simplement, que vous n’avez pas encore bien réalisé comment il faut être, et ce qu’il faut faire pour chacun d’entre vous, pour être capables d’assumer la mort et même simplement de se faire à son idée, sans en être tourmentés plus qu’il ne faut.

Q.  Il y a quand même des personnes qui ont évoqué simplement la peur de la souffrance, est-ce la même chose pour elles ?

R.  Oui, pour les personnes qui ont parlé de souffrance, de peur de la souffrance, c’est aussi un blocage, vous avez tous dit: «je n’ai pas peur de la mort, j’ai peur de telle et telle chose», donc il faut arriver à ne plus dire que vous avez peur de telle et telle chose, parce que c’est un blocage vis à vis de la mort qui amène une peur malgré vous peut être, mais qui est là bien tangible. Pour les personnes qui ont parlé de la souffrance, ces personnes qui ont peur de la souffrance physique, ont peur de quitter leur corps, ont peur de laisser leur corps mourir, ont peur par rapport à leur corps, il faut voir à ce niveau-là un blocage très fort sur la notion du passage vers la mort, de l’abandon du corps, de sa cessation de vie, qui est difficile pour elles.

Pour la dédramatisation de la mort, il est impératif, pour chacun d’entre vous et pour tous ceux qui sont autour de vous, que vous réussissiez à parvenir à une dédramatisation de l’idée de la mort et je pense que vous êtes aptes à le faire, car tout ce que vous avez dit lors du tour de table, a montré que pour vous tous, la peur de la mort n’était pas vraiment marquée. Et cependant lorsque vous y pensez au fond de vous, depuis que nous en avons parlé, vous ne l’appréhendez plus de la même façon, même si cela vous fait peur, vous arrivez à maîtriser par vos pensées l’idée de la peur que vous donne l’idée de la mort.

Je vous demande de penser à l’apaisement que donne l’amour, dites vous qu’il ne peut être possible que l’amour puisse avoir une fin, quand vous l’avez éprouvé et qu’il vous a apporté du bonheur, un bien-être, du merveilleux, de l’extraordinaire, pensez à lui comme le rédempteur de la vie, et sa continuité. Dites-vous que c’est impossible qu’il prenne fin, donc vous devez être sûrs que pour sa continuité, la mort sur terre n’est qu’un état de transition, et que l’amour est votre éternité. Alors commençons par être inquiets de bien vivre l’amour, et non pas être affolés de la mort. N’oubliez pas, l’amour qui est la base de tout, qui est la conscience de tout, est le sauveur de la mort.

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.